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Quitter Paris et trouver un job : l'histoire d'Alice, partie vivre en Bretagne.

 

 

#QuitterParis#Job#Province

Le témoignage d'Alice, qui a quitté Paris pour trouver un job en province : de l'idée à la concrétisation de son projet.

Ma vie d'avant à Paris

Originaire de Paris, je vivais avec ma famille à Argenteuil et je travaillais dans le centre de Paris en tant que Chef de projet Marketing et Communication dans différents secteurs d'activité. Mon mari est Chef de service éducatif dans une maison d'enfants à caractère social, à Paris également.

Mes motivations pour trouver un job en province

Mon mari et moi avons fait le constat que nous vivions dans cette spirale bien connue qu'engendre la vie à Paris : gagner toujours plus financièrement, mais avec la sensation de perdre l'essentiel. Nous attendions impatiemment le week-end pour échapper à la grisaille en province, et nous avions l'impression de ne pas être au bon endroit à Paris pour nous épanouir. Nous prenions conscience avec plus d'acuité des temps de trajet interminables pour parcourir de micro-distances à Paris. Nous avions en tête l'insécurité grandissante de la capitale avec les tragiques évènements récents.

Mon projet de départ pour la province

Celles qui ont donné le tempo du projet de quitter Paris, ce sont véritablement nos deux filles, de 13 et 14 ans. Même si nous avions de plus en plus de répulsion pour la vie que nous menions à Paris, il était impensable de les brusquer pour aller en province, et nous avons toujours été à l'écoute de leur souhait. Lorsqu'elles étaient plus petites elles ne souhaitaient pas se couper de leurs repères et quitter Paris, et nous avons respecté leur choix.

Les étapes pour quitter Paris

Fin 2016, une procédure de rupture conventionnelle s'est mise en place avec mon employeur pour me consacrer à 100% à mon projet de trouver un travail en province. Nous avions déjà en tête de quitter Paris pour la Bretagne, car nous avons de la famille là-bas.

J'ai donc commencé mes recherches de job en province à cette période, mais je me sentais un peu démunie face à la difficulté des démarches à distance. J'ai commencé un coaching professionnel avec Stephan&Co, pour faire le point sur ma situation et envisager l'éventualité de me re-convertir, de trouver un nouveau travail. Ce coaching m'a permis de me mettre en perspective, de me rendre compte que j'aimais mon job, mais que je n'étais simplement pas dans le bon environnement à Paris. En parallèle, je me suis rendue au Salon du Travail et de la Mobilité Professionnelle à Paris, dans l'espoir de trouver des repères et une méthodologie dans mes démarches pour trouver un travail.

Et c'est là que tu as rencontré Laou, qui t'a aidé à quitter Paris...

Oui. Ma rencontre avec Laou, à la suite d'une conférence au Salon à Paris, a été pour moi un réel point de départ pour trouver un job en province. Aurore Thibaud, la co-fondatrice, avait des réponses à mes interrogations, et m'a fait prendre conscience que c'était possible de quitter Paris. Elle m'a insufflé une réelle énergie pour m'investir dans mon projet de partir en province, je me suis sentie accompagnée dans ma recherche de job, ce qui a été un vrai déclencheur.

Suite à ça, motivée comme jamais, je provoque une réunion de famille. Et tout le monde est d'accord pour que je poursuivre mes recherches de job exclusivement en Bretagne !

J'étais déterminée à quitter Paris pour la province, et j'ai passé 3 semaines non-stop à chercher du travail, en suivant les conseils d'Aurore : mise en relation avec les bons décideurs RH, et surtout se focaliser sur le développement d’un réseau de contacts sur place...

Toutes ces démarches m'ont permis de décrocher 3 entretiens pour trouver un travail. Nous nous sommes rendus sur place en février avec mon mari, pour mener mes entretiens et valider la viabilité de notre projet d'installation en province. Suite à ces entretiens, j'ai reçu 2 réponses positives pour des jobs ! Nous étions finalement presque effrayés par mon succès, ça y est, nous y étions. C'était le moment ou jamais de prendre une décision, quitter Paris pour vivre en province, un virage à 180°.

Mais j'étais toujours en contact avec Aurore, qui m'a poussée et aidée à surmonter mes appréhensions. Adéliance, qui est un groupement d'employeurs, m'a proposé un contrat de Responsable Marketing et Communication, à temps partagé. Le temps partagé était une vraie découverte, et je trouve ça extrêmement riche. Ça allie la diversité des employeurs et des missions, avec la sécurité du job en CDI. Aujourd'hui mon plus gros client est Mercedes Van &Truck Côtes d’Armor et Finistère, que j’accompagne dans la mise en place de sa stratégie de communication et son marketing opérationnel.

La problématique du logement quand tu as quitté Paris

Lors de ma venue en province en février, j'avais visité un studio qui me convenait. Mais le loueur m'a annoncé l'avoir loué à quelqu'un d'autre, une semaine avant l'embauche ! Ça a été un coup dur, je n'avais plus de logement. Je pouvais compter sur notre famille pour m'héberger, mais à 45 minutes de mon lieu de travail. J'ai fini par trouver grâce...au Bon Coin. Il s'agit d'un logement meublé, ce qui a facilité mon déménagement depuis Paris.

Un autre point a été important pour moi : nous sommes propriétaires de notre pavillon à Paris et il aurait été extrêmement difficile de supporter le coût financier de deux logements en simultané, l'un en province, l'autre à Paris. Ma banque m'a proposé de reporter de 12 mois les mensualités d'un de mes crédits, ce qui nous a permis de faire face!

Comment s'est passé le changement de Paris à la province ?

Notre famille sur place m'a prété une voiture. Mon mari et mes filles sont restés à Paris le temps de ma période d'essai, et le temps que mes ados finissent leur année scolaire. Nous avons vraiment voulu procéder par étapes, en faisant preuve de patience.

Quelques temps après mon installation en province, mes enfants sont venus 2 semaines, pour les vacances d'avril. C'était assez angoissant de voir leur réaction ! Je voulais qu'elles se sentent bien dans la nouvelle maison car elles sont au coeur du projet de quitter Paris pour la province. J'avais pris des RDV dans différents établissements scolaires pour qu'elles puissent choisir leur orientation. Les filles ont adoré la région, et ça a été un réel soulagement. Je suis admirative face à leur gestion du changement, j'ai la chance d'avoir des filles très ouvertes.

Fin mai, ma période d'essai se termine et mon poste est confirmé. Mon mari a donc annoncé sa décision de quitter son job, et le processus de regroupement familial lui offre la possibilité de toucher le chômage pendant 2 ans malgré sa démission, ce qui lui permet de rechercher du travail sur place.

J'ai eu quelques moments compliqués au début de mon installation, de doute et de solitude, mais je me raccrochais à notre projet familial, et j'ai la chance d'avoir eu un gros soutien moral de la part de mes parents et de mes amis.

Et aujourd'hui, ta vie en province?

Ma famille n'a pas encore quitté Paris, car les enfants doivent finir leur année scolaire sans précipitation, la plus grande passe son brevet fin juin.

Nous avons mis notre maison de Paris en vente et nous préparons progressivement les cartons pour le déménagement. Je rentre en TGV environ deux fois par mois, Paris-Saint-Brieuc se fait en 3h.

En terme d'intégration en province, j'ai fait des démarches auprès des collectivités pour savoir s'il existait des aides pour les nouveaux arrivants, mais ça n'a pas été concluant. Je fais maintenant partie du Réseau des femmes de Bretagne, ce qui me permets de développer mes relations en apportant mon expertise en marketing et communication à des femmes entrepreneurs qui lancent leur Business. J'ai également développé des relations de travail et de quartier. Aujourd'hui je commence à me sentir intégrée, d'autant plus que je vois régulièrement ma famille.

Je me suis aperçue de l'importance d'une certaine ouverture d'esprit et de ne pas hésiter à demander de l'aide pour quitter Paris et trouver un travail en province.

Es-tu satisfaite d'avoir quitté Paris? Qu'est-ce qui est mieux dans ta nouvelle vie en province?

Je n'ai aucun regret, mes journées de travail sont intéressantes, denses et concentrées, j'ai donc du temps à consacrer à d'autres activités personnelles. J'ai trouvé ici une vraie bienveillance professionnelle, et une satisfaction personnelle de retrouver ce qui compte. Surtout, tous les jours j'ai un horizon sous les yeux, et ça n'a pas de prix. Et quelle jubilation de faire 10 km en 10 minutes!

En province, je me sens en vie. Elle est loin, cette sensation désagréable d'être au mauvais endroit, de louper l'essentiel.

Parles-nous de Saint-Brieuc où tu as trouvé un nouveau job...

J'habite à 5 minutes du centre-ville, il y a ici un réseau de transport bien développé. C'était important pour mes filles, qu'elles puissent circuler sans être dépendantes de la voiture, et donc de nous. Le collège est à 3 minutes a pied, le lycée à 15 minutes en bus. Il y a des commerces de proximité, le marché du dimanche, un cinéma, une piscine, un bowling, le Palais des Congrès, un centre équestre... On fait les choses en 10 minutes maximum ici, que ce soit la plage, le boulot, les commerces etc...

Le vrai bonheur ici, c'est le bord de mer. J'y vais tous les jours, même pour ma pause déjeuner ! C'est vraiment précieux, ce sont des moments qui me sont devenus indispensables.

Les premiers temps, je me sentais encore chez moi à Paris, ce qui était assez perturbant. Mais aujourdhui ça s'est inversé ! Maintenant, quand je parle de Saint Brieuc, je dis « chez moi » ! L'odeur iodée quand je sors du TGV en arrivant de Paris est aujourd'hui synonyme pour moi de retour à la maison.

Qu'est-ce qui te plaît moins dans cette nouvelle vie en province ?

Rien ! Même si ma famille me manque je sais que ce n'est que temporaire. Mais je n'ai aucun point négatif à soulever, c'est une belle région avec de belles personnes.

As-tu des conseils à donner pour réussir sa mobilité en province ?

Si je devais résumer mon expérience, j'utiliserais les mots détermination, humilité et persévérance. Même si c'est un énorme fossé à sauter, mes enfants et mon mari m'ont fait confiance et m'ont transmis l'énergie nécessaire pour quitter Paris.

Le seul conseil que je peux donner, c'est de s'écouter !! Quand on s'écoute, on peut soulever des montagnes. Le plus dur c'est de s'avouer qu'on n'est pas si bien à Paris qu'on veut le faire croire. Et la qualité de vie que vous allez trouver en province vaut largement les efforts que vous allez mettre en œuvre.

Témoignage recueilli par Charlotte Drault

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